Cinq éléments de réflexion sur la Levée de fonds – Entretien avec Pascal Beauchesne, Conseiller stratégique en communication, affaires publiques et innovation sociale.

Raconter une histoire

“La levée de fonds relève d’une dynamique humaine. Il faut raconter une histoire, et il faut que cette histoire soit réelle. C’est la force des organismes d’économie sociale: leur vocation est ancrée en matière de responsabilité sociale, ils sont directement reliés au terrain. C’est cette histoire qui va convaincre les bailleurs ou donateurs potentiels. Les gens sont naturellement touchés, interpelés par ce type d’événements qui se rapportent aux sujets humains, ça représente donc une opportunité majeure pour solliciter le milieu des affaires ou le milieu philanthropique.”

Bien se connaître

“ Pour parvenir à raconter cette histoire, il est nécessaire de bien se connaître soi même, de savoir identifier sa mission, ce qui permettra de bien cerner la ligne directrice de la levée de fonds. On peut penser à toutes sortes d’exercices comme par exemple une retraite stratégique, pour revenir à la génèse de l’organisation, ce qui l’a fondée. Ça induit aussi la mise en place d’un ou plusieurs comités spécifiquement consacrés à cet objectif, et constitués en partie de membres du CA, qui pourront cibler les bonnes personnes au sein de leur réseau pour s’impliquer dans l’organisation de l’événement. Ces comités constituent le coeur humain de l’opération !”

L’argent n’est pas un frein à la créativité

“Le manque de moyens diponibles pour monter une opération de levée de fonds est un faux problème. L’idée c’est de faire équipe, de collaborer à plusieurs, entre organisations qui ont les mêmes intérêts. À défaut d’avoir de l’argent on a des idées. On peut par exemple penser à donner quelque chose en retour à ceux qui font des dons, il faut y aller avec ce qui fait la valeur de l’organisme.”

Penser à long terme

“La plus grande erreur est de se penser capable d’organiser une levée de fonds en trois mois. Il faut du temps. Je compare ça à l’organisation d’un voyage au Costa Rica: on se prépare longtemps à l’avance, ça nécessite une réflexion et aussi un plan. Dans ce cas il est préférable que l’organisation de ces événements soit intégrée à la planification stratégique de l’organisme. C’est sa réputation qui est aussi engagée dans le processus.”

Penser global pour un impact local

“J’invite les organismes à surveiller attentivement les différents modèles de levée de fonds qui peuvent apparaître sur les plateformes de crowdfunding. Il y a matière à inspiration ! Je pense par exemple à une opération menée sur le site Indigogo, une levée de fonds pour la création d’un skatepark en Ouganda. Cette opération a permis à la fois le développement d’un terrain de jeu mais aussi de développer la pratique du skateboard. On a donc touché toute la communauté du skate à travers le monde. Il faut penser de manière global pour un impact local !”